{"id":63,"date":"2017-09-24T16:49:47","date_gmt":"2017-09-24T14:49:47","guid":{"rendered":"http:\/\/georges-daudet.fr\/?p=63"},"modified":"2017-09-24T16:49:50","modified_gmt":"2017-09-24T14:49:50","slug":"proces-verbal-daudition-par-le-ministere-public-federal-suisse-30-septembre-1947","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/2017\/09\/24\/proces-verbal-daudition-par-le-ministere-public-federal-suisse-30-septembre-1947\/","title":{"rendered":"Proc\u00e8s-verbal d\u2019audition par le Minist\u00e8re Public F\u00e9d\u00e9ral suisse (30 septembre 1947)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Archives f\u00e9d\u00e9rales suisses, AF, E 4320(B) 1991\/243\/133, dossier C.13.2383<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sion, le 30.9.1947,<\/p>\n<p>Police de s\u00fbret\u00e9.<\/p>\n<p>MINIST\u00c8RE PUBLIC F\u00c9D\u00c9RAL<\/p>\n<p>Service de Police<\/p>\n<p>N\u00b0 C.13.2382.<\/p>\n<p><strong>Proc\u00e8s-verbal d&rsquo;audition<\/strong><\/p>\n<p>Se pr\u00e9sente<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>DAUDET Georges-Adrien-Valentin, de feu Adrien et de Valentine BEAURET, n\u00e9 le 11.3.1902 \u00e0 Chaillac (Indre), alli\u00e9 \u00e0 Madeleine n\u00e9e BRUGNON, administrateur, de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, dom. \u00e0 Paris, 181, rue Legendre (17\u00e8me.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avez-vous, avant ou durant la guerre, appartenu \u00e0 un quelconque\u00b7 parti politique ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En 1924, j&rsquo;ai adh\u00e9r\u00e9 au parti nationaliste \u00ab\u00a0Le Faisceau\u00a0\u00bb \u00e0 la t\u00eate duquel se trouvait Georges VALLOIS, actuellement, si je ne me trompe, \u00e9diteur \u00e0 Paris, ainsi que Philippe BARRES, directeur actuel de \u00ab\u00a0Paris Presse\u00a0\u00bb, r\u00e9sidant \u00e0 Paris. Un troisi\u00e8me personnage se trouvait parmi les membres dirigeants de ce groupement politique. Il s&rsquo;agit de Philippe LAMOUR, qui est maintenant secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Agriculture fran\u00e7aise. Ce parti n&rsquo;a eu qu&rsquo;une existence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, des dissensions \u00e9tant survenues entre les chefs et l&rsquo;organisation manquant totalement de fonds. L&rsquo;activit\u00e9 de ce parti se borna \u00e0 des manifestations anti-herriotistes au moment de la chute du franc fran\u00e7ais en 1924. Le pr\u00e9sident Herriot \u00e9tait \u00e0 ce moment \u00e0 la t\u00eate du Gouvernement. Je n&rsquo;ai, autrement, jamais appartenu \u00e0 un parti politique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quand et dans quelles circonstances avez-vous fait la connaissance ou \u00eates-vous entr\u00e9 en contact avec Georges OLTRAMARE, dit Dieudonn\u00e9 ou Karl Diodatti ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 J&rsquo;ai vu OLTRAMARE pour la premi\u00e8re fois dans les bureaux du journal \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb, 142 rue Montmartre. Ceci se passait vers la fin novembre 1940. J&rsquo;avais, \u00e0 ce moment, \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par le Pr\u00e9sident LAVAL de reprendre la direction, ou plut\u00f4t l&rsquo;administration, du journal. Le Pr\u00e9sident LAVAL tenait absolument \u00e0 proc\u00e9der au nettoyage de toute l&rsquo;\u00e9quipe OLTRAMA.RE, parce qu&rsquo;il voulait cr\u00e9er un journal apolitique qui serait en mesure de contrebalancer l&rsquo;influence d&rsquo;autres journaux qui se montraient r\u00e9ellement par trop germanophiles. Je connaissais LAVAL depuis 1938 sauf erreur. Je lui avais \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque par un ancien d\u00e9put\u00e9 de Montreuil, pr\u00e8s de Paris, M. Paul PONCET, qui avait \u00e9t\u00e9 battu dans sa circonscription, lors des \u00e9lections de 1936, par Jacques -DUCLOS, l&rsquo;actuel secr\u00e9taire du Parti communiste fran\u00e7ais. Au cours de la campagne \u00e9lectorale de 1936, j&rsquo;avais aid\u00e9 PONCET \u00e0 combattre la candidature DUCLOS. Ce furent les raisons qui engag\u00e8rent PONCET \u00e0 me faire conna\u00eetre \u00e0 M. LAVAL. Depuis ce moment, je suis rest\u00e9 en contact avec ce dernier.<\/p>\n<p>En date du 15.8.1940, alors que je venais d&rsquo;\u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9 et de rentrer \u00e0 Paris, je me suis rendu dans la Haute-Vienne pour rendre visite \u00e0 ma m\u00e8re. J&rsquo;ai profit\u00e9 de mon voyage dans cette r\u00e9gion pour aller dire bonjour \u00e0 M. LAVAL, qui \u00e9tait \u00e0 ce moment \u00e0 Vichy. Etant sans travail, M. LAVAL me laissa entendre qu&rsquo;il me pr\u00e9viendrait lorsqu&rsquo;il aurait connaissance de quelque chose. Comme je vous le dit plus haut, il me pria en novembre 1940 de reprendre en main \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;avais aucune connaissance en mati\u00e8re de technique journalistique. J&rsquo;\u00e9tais bien en mesure de r\u00e9diger un papier et j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s bien vers\u00e9 dans les questions d&rsquo;administration de soci\u00e9t\u00e9s. J&rsquo;avais, en effet, travaill\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 de fractionnement de la Loterie nationale fran\u00e7aise. J&rsquo;occupais dans cette soci\u00e9t\u00e9 le poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. En arrivant \u00e0 \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb, je me suis d&rsquo;abord occup\u00e9 de remettre un peu d&rsquo;ordre dans la maison, puis de faire le bilan des op\u00e9rations financi\u00e8res. OLTRAMARE \u00e9tait encore pr\u00e9sent \u00e0 ce moment. Mes comp\u00e9tences se bornaient aux questions purement administratives. Dans le but d&rsquo;\u00e9liminer OLTRAM.ARE, j&rsquo;ai commenc\u00e9 par recommander \u00e0 ce dernier M. Ren\u00e9 SAIVE en qualit\u00e9 de r\u00e9dacteur.<\/p>\n<p>Dieudonn\u00e9 agr\u00e9a cette candidature. SAIVE fit entrer \u00e0 son tour l&rsquo;un de ses amis du journal \u00ab\u00a0L&rsquo;Ordre\u00a0\u00bb, M. Roger BOUVARD. Quelques temps apr\u00e8s, ceci par l&rsquo;interm\u00e9diaire de SAIVE, je faisais entrer en qualit\u00e9 de r\u00e9dacteur en chef adjoint de la \u00ab\u00a0France au Travail\u00a0\u00bb, M. Paul ACHARD, qui \u00e9tait \u00e9galement journaliste \u00e0 l&rsquo;Ordre. Ce dernier doit avoir pris ses fonctions en janvier ou f\u00e9vrier 1941. ACHARD prit aussit\u00f4t en main la partie technique du journal, ceci en plein accord avec moi.<\/p>\n<p>ACHARD avait pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par moi que l&rsquo;objectif que nous nous proposions \u00e9tait de liquider OLTRAMARE et toute son \u00e9quipe. ACHARD s&#8217;employa de suite \u00e0 trouver de nouveaux collaborateurs, pour que ceux-ci soient bien en place en vue de remplacer l&rsquo;\u00e9quipe OLTRAMARE, au moment o\u00f9 nous aurions la possibilit\u00e9 de nous passer de ses services. Dans cet ordre d&rsquo;id\u00e9e ACHARD engagea des gens tels que M. Elie RICHARD, qui \u00e9tait avant la guerre journaliste et chef des informations au journal \u00ab\u00a0Ce Soir\u00a0\u00bb, Charles RUEN, du m\u00eame journal, Jean LEUILLOT, etc. Nos relations avec OLTRAMARE devenaient toujours de plus en plus tendues, nous en arriv\u00e2mes \u00e0 ne plus nous parler. Un beau soir, alors qu&rsquo;OLTRAMARE \u00e9tait au marbre en train de v\u00e9rifier sa copie, je lui remis de la main \u00e0 la main, en pr\u00e9sence d&rsquo;ACHARD, de SAIVE et de tout le personnel, qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu, sa lettre de cong\u00e9diement que j&rsquo;avais moi-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9e et sign\u00e9e. OLTR.AMARE n&rsquo;eut, sur le moment, aucune r\u00e9action. Il ne fit que mettre ma lettre dans sa poche et partit. Le lendemain, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, OLTRAMARE me fit apporter une lettre de l&rsquo;Ambassade d&rsquo;Allemagne, lettre sign\u00e9e par ACHENBACH, par laquelle on me donnait l&rsquo;ordre, de fa\u00e7on courtoise, d&rsquo;avoir \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer OLTRAMARE dans ses fonctions. Pour autant que je me souvienne, j&rsquo;ai montr\u00e9 cette lettre \u00e0 SAIVE et \u00e0 ACHARD. J&rsquo;ai pris connaissance de la lettre en question devant l&rsquo;envoy\u00e9 d&rsquo;OLTRAMARE qui attendait dans sa voiture, une Citro\u00ebn traction avant, devant les bureaux, en compagnie de Jean DRAULT, Henri COSTON, Julien COURTINE et peut-\u00eatre SAINT-SERGE, soit les fid\u00e8les de l&rsquo;\u00e9quipe OLTRAMARE. Le porteur de la lettre \u00e9tait un \u00e9chotier d&rsquo;un p\u00e9riodique parisien qu&rsquo;OLTRAMARE avait l&rsquo;intention de faire entrer \u00e0 la \u00ab\u00a0France au Travail\u00a0\u00bb, s&rsquo;il avait pu revenir. C&rsquo;est du moins ce que le journaliste en question me d\u00e9clara lui-m\u00eame. Le billet qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 remis sp\u00e9cifiait encore qu&rsquo;ACHARD devrait \u00eatre liquid\u00e9. Je ne voudrais pas certifier que cette injonction figurait sur la lettre d&rsquo;ACHENBACH, mais en tous cas sur un papier qu&rsquo;OLTRAMARE avait joint au billet d&rsquo;ACHENBACH. Je r\u00e9pondis au porteur que je n&rsquo;avais aucune raison d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 l&rsquo;ordre qui m&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9 et que si par surcro\u00eet, OLTRAMARE voulait malgr\u00e9 tout remettre les pieds dans les bureaux, je le ferai jeter dehors.<\/p>\n<p>Le lendemain, c&rsquo;est \u00e0 dire le soir m\u00eame o\u00f9 OLTRAMARE \u00e9tait venu devant les bureaux de \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb avec ses amis, je recevais une invitation t\u00e9l\u00e9phonique de me rendre \u00e0 l&rsquo;Ambassade le lendemain matin. Je r\u00e9pondis \u00e0 mon interlocuteur qu&rsquo;il \u00e9tait inutile que je me rende \u00e0 l&rsquo;Ambassade, que cette entrevue ne pourrait en aucun cas me faire revenir sur ma d\u00e9cision, que je n&rsquo;avais fait qu&rsquo;ex\u00e9cuter les ordres du Pr\u00e9sident LAVAL, mais que par courtoisie je voulais bien donner suite \u00e0 son invitation.<\/p>\n<p>Le lendemain, au cours de l&rsquo;entrevue que j&rsquo;eus \u00e0 l&rsquo;Ambassade avec ACHENBACH et un autre fonctionnaire allemand, ceci en pr\u00e9sence d&rsquo;OLTRAMARE, ce dernier me reprocha en particulier d&rsquo;avoir fait entrer au journal des gens, tels qu&rsquo;ACHARD et SAIVE, qui saboteraient la politique de collaboration franco\u00ad allemande et qui avaient travaill\u00e9 \u00e0 des journaux de gauche, tels que l&rsquo;Ordre et le Soir, journaux qui s&rsquo;\u00e9taient volontairement sabord\u00e9s au moment de l&rsquo;arriv\u00e9e des Allemands \u00e0 Paris. Au moment o\u00f9 OLTRAMARE me fit ces reproches, ACHENBACH me demanda si ces gens venaient bien des journaux en question. Je lui r\u00e9pondis par l&rsquo;affirmative en lui faisant remarquer que nous les avions engag\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement, que la Propaganda\u00adstaffel n&rsquo;avait \u00e9lev\u00e9 aucune objection, pas plus d&rsquo;ailleurs que le Groupement corporatif de la Presse et que les messieurs nouvellement engag\u00e9s ne faisaient l&rsquo;objet d&rsquo;aucun interdit de la part des Autorit\u00e9s allemandes. D&rsquo;autre part, je faisais remarquer que SAIVE et ACHARD n&rsquo;\u00e9taient que des techniciens de la profession et que nous n&rsquo;avions nullement besoin de r\u00e9dacteur politique. Devant mon attitude intransigeante, ACBENBACH me demanda d&rsquo;accepter les papiers d&rsquo;OLTRAMARE jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ait eu l&rsquo;occasion d&rsquo;examiner la question avec le Pr\u00e9sident LAVAL. OLTRAMARE nous fit effectivement parvenir un ou deux articles, dont le dernier fut volontairement mutil\u00e9, ce qui engagea l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 cesser toute collaboration \u00e0 \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai d\u00e8s ce moment jamais plus revu OLTRAMARE et partant, je n&rsquo;ai plus eu de relations avec lui.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;entrevue \u00e0 l&rsquo;Ambassade avec ACBENBACH, on me laissa tranquille. Ceci \u00e9tait peut-\u00eatre d\u00fb au fait que le Pr\u00e9sident LAVAL intervint directement aupr\u00e8s des Autorit\u00e9s allemandes. N\u00e9anmoins, OLTRAMARE d\u00e9posa une plainte aupr\u00e8s du Groupement corporatif de la Presse pour renvoi ou licenciement abusif.<\/p>\n<p>Je fus peu apr\u00e8s convoqu\u00e9 devant le Comit\u00e9 directeur du Groupement corporatif qui me demanda des explications au sujet du licenciement d&rsquo;OLTRAMARE. Je r\u00e9pondis que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement, que, par surcroit, s&rsquo;il portait le titre de r\u00e9dacteur en chef, il n&rsquo;en exer\u00e7ait pas les fonctions, se bornant \u00e0 pr\u00e9parer son \u00e9ditorial politique et que par ailleurs, le journal ne lui versait pas d&rsquo;appointements.<\/p>\n<p>En effet, depuis le 1er d\u00e9cembre 1940 jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 il quitta \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb, je ne lui ai jamais vers\u00e9 un centime, exception faite du remboursement de quelques petites notes de frais peu \u00e9lev\u00e9es. Je n&rsquo;ai jamais su de quoi il vivait. Je savais qu&rsquo;il collaborait \u00e0 la radio, mais je ne sais pas si cela lui permettait de vivre. Pour ce qui me concerne je suis rest\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;en date du 1er novembre 1941, tout en m&rsquo;occupant de la mise au point de la Soci\u00e9t\u00e9 Populaire d&rsquo;Edition et d\u2019impression. J&rsquo;ai d\u00e8s ce moment abandonn\u00e9 compl\u00e8tement \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb pour me vouer exclusivement \u00e0 \u00ab\u00a0La France socialiste\u00a0\u00bb, qui juridiquement n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec l&rsquo;autre journal. J&rsquo;ai choisi les meilleurs \u00e9l\u00e9ments de \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb pour monter \u00ab\u00a0La France socialiste\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 dire SAIVE, RICHARD, RUEN, BOUVARD, LEUILLOT, pour ne parler que du personnel de la r\u00e9daction. \u00ab\u00a0La France au Travail\u00a0\u00bb cessa de paraitre le ler.11.1941 et le premier num\u00e9ro de \u00ab\u00a0La France socialiste\u00a0\u00bb sortit de presse le 12.11.1941. Les nouveaux bureaux se trouvaient 30, Rue de Gramont et le journal \u00e9tait imprim\u00e9 chez Delion, rue du Croissant. L&rsquo;argent pour ce nouveau journal avait \u00e9t\u00e9 fourni au d\u00e9part par le Pr\u00e9sident LAVAL. Le journal devait \u00eatre apolitique et c&rsquo;\u00e9tait dans cette seule condition que j&rsquo;en avais accept\u00e9 la direction. Mais au bout de tr\u00e8s peu de temps, les Allemands intervinrent et exig\u00e8rent de LAVAL que des articles politiques y fussent publi\u00e9s, notamment par Ren\u00e9 CHATEAU et Francis DESPHILIPONT, dirigeants du mouvement \u00ab\u00a0France Europe\u00a0\u00bb et membres du Comit\u00e9 directeur du parti de Marcel DEAT. Je d\u00e9clarai au Pr\u00e9sident LAVAL que je ne pouvais continuer \u00e0 assumer la responsabilit\u00e9 effective de la direction du journal et je demandai \u00e0 ce que le responsable de la partie politique, Ren\u00e9 CHATEAU, ait une d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir comme directeur politique, ce qui fut fait. J&rsquo;\u00e9tais en somme le directeur g\u00e9n\u00e9ral du journal, mais \u00e0 fonction administrative exclusivement. Hubert LAGARDELLE succ\u00e9da \u00e0 Ren\u00e9 CHATEAU dans les m\u00eames conditions, comme directeur politique. Je suis rest\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0La France socialiste\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;\u00e0 la parution de son dernier num\u00e9ro, soit en date du 12 ou 13 ao\u00fbt 1944, si je ne fais erreur. Pour la suite, je m&rsquo;en r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ma premi\u00e8re d\u00e9claration. Je tiens n\u00e9anmoins \u00e0 souligner que je n&rsquo;ai jamais pris part \u00e0 aucune assembl\u00e9e de presse en dehors des r\u00e9unions professionnelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Savez-vous si OLTRAMARE appartenait \u00e0 un service allemand ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Je ne suis pas en mesure de vous renseigner dans ce domaine.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas suffisamment connu l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 pour pouvoir affirmer quelque chose dans cet ordre d&rsquo;id\u00e9e. D&rsquo;autre part le Pr\u00e9sident LAVAL qui \u00e9tait certainement au courant de beaucoup de chose ne m&rsquo;a jamais fait une quelconque allusion dans ce domaine. Je sais simplement qu&rsquo;il ne cachait pas ses sympathies pour le III\u00e8me Reich.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 N&rsquo;avez-vous jamais \u00e9marg\u00e9 aux fonds secrets ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Non jamais, mais il est par contre entendu que \u00ab\u00a0La France socialiste\u00a0\u00bb toucha son capital initial du Pr\u00e9sident LAVAL. Mais le journal une fois lanc\u00e9 n&rsquo;a jamais touch\u00e9 un centime de personne. L&rsquo;examen de la comptabilit\u00e9 prouve d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il \u00e9tait largement b\u00e9n\u00e9ficiaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avez-vous quelque chose \u00e0 ajouter ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tous les papiers que j&rsquo;ai remis \u00e0 la Police cantonale valaisanne au cours de mon premier interrogatoire \u00e9tant au nom de MALEINE Georges, mon nom d&#8217;emprunt de l\u00e9gionnaire, je vous remets aujourd&rsquo;hui ma carte d&rsquo;identit\u00e9 \u00e9tablie \u00e0 mon v\u00e9ritable nom.<\/p>\n<p>D.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avez- vous au cours des entretiens que vous avez in\u00e9vitablement d\u00fb avoir avec OLTRAMARE, entendu que celui-ci ait fait des r\u00e9flexions quelconques sur le compte de la Suisse ?<\/p>\n<p>R.-\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jamais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fait \u00e0 Sion, le 30 septembre 1947.<\/p>\n<p>Le personnel de Police : MINISTERE PUBLIC FEDERAL<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Service de Police :<\/p>\n<p>M\u00fcller, insp.<\/p>\n<p>Lu et confirm\u00e9 : sign\u00e9 : Daudet<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Archives f\u00e9d\u00e9rales suisses, AF, E 4320(B) 1991\/243\/133, dossier C.13.2383 &nbsp; Sion, le 30.9.1947, Police de s\u00fbret\u00e9. MINIST\u00c8RE PUBLIC F\u00c9D\u00c9RAL Service de Police N\u00b0 C.13.2382. Proc\u00e8s-verbal d&rsquo;audition Se pr\u00e9sente &nbsp; DAUDET Georges-Adrien-Valentin, de feu Adrien et de Valentine BEAURET, n\u00e9 le 11.3.1902 \u00e0 Chaillac (Indre), alli\u00e9 \u00e0 Madeleine n\u00e9e BRUGNON, administrateur, de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, dom. \u00e0 &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/2017\/09\/24\/proces-verbal-daudition-par-le-ministere-public-federal-suisse-30-septembre-1947\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Proc\u00e8s-verbal d\u2019audition par le Minist\u00e8re Public F\u00e9d\u00e9ral suisse (30 septembre 1947)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63"}],"collection":[{"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":64,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions\/64"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/georges-daudet.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}